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Conférence - débat à la Bibliothèque municipale dAnglet

samedi 10 décembre 2005

Bistrot informatique

Conférence - débat à la Bibliothèque municipale d’Anglet (64)

Jeudi 15 décembre à 18h30

Entrée libre, nombre de places limité, réservation fortement conseillée au 05-59-52-17-55

"Informatique et libertés"

par Marie-France Blanquet, maître de conférence à l’Université de Bordeaux3


« L’informatique doit être au service de chaque citoyen. Son développement doit s’opérer dans le cadre de la coopération internationale. Elle ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ».

Ainsi commence la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, dite « loi Informatique et Libertés » (LIL).Cependant, malgré les affirmations du Législateur, beaucoup expriment leurs craintes de voir les libertés fondamentales de l’homme disparaître au nom de la sécurité.

A l’ère de la société de l’information, les concepts de liberté et de sécurité sont-ils conciliables ou définitivement incompatibles ?

Pour répondre à ces questionnements, il importe avant tout de définir avec soin les termes : de quelle liberté et de quelle sécurité parle-t-on ?

D’un point de vue philosophique ou moral, la liberté caractérise l’état de l’Homme qui se décide dans ses actions, après réflexion, en connaissance de cause. Il sait ce qu’il veut, pourquoi il le veut et agit conformément à des raisons qu’il approuve. En ce sens, la liberté humaine, synonyme d’autonomie et de conscience, peut être infinie, inconditionnelle et inaliénable

Cependant, l’analyse ruine cette affirmation car toute liberté s’incarne dans un temps et un lieu. D’un point de vue social et politique, la liberté caractérise un certain état du citoyen dans ses rapports avec la société et le gouvernement. Le citoyen est libre de faire tout ce qui n’est pas défendu par la loi et de refuser de faire tout ce qu’elle n’ordonne pas. L’informatisation de nos sociétés, l’irruption dans nos vies quotidiennes du réseau Internet menacent-ils nos libertés d’expression, de mouvement, de réunion ? Nos libertés individuelles sont-elles détruites par la mondialisation ? Cette dernière instaure-t-elle le règne de l’opacité ou de la transparence et nos vies privées vont-elles devenir « publiques » ? L’interconnexion des fichiers signifie-t-elle la fin de nos libertés ? Lorsque l’on sait qu’un individu moyen est fiché sur 250 à 500 fichiers, la question mérite d’être posée. Les hackers, les promoteurs de logiciels libres ouvrent-ils sur les chemins de la liberté dans l’espace virtuel ? Sont-ils les pionniers d’une nouvelle morale ?

Dans notre cyberplanète, où disparaissent les frontières nationales, peut-on assurer les sécurités civiles, publiques, matérielles, militaires dont l’homme a besoin pour s’épanouir sans faire appel au « Big Brother ? » Les fournisseurs de service obligés de garder la trace pendant un an de tous nos échanges, correspondances, consultations de sites… en sont-ils une illustration ?

L’homme reste-t-il responsable et les dieux sont-ils innocents, comme le proclame Platon ou doit-on adhérer à la thèse cybernétique émise par Norbert Wiener ?

C’est à toutes ces questions que nous tenterons ensemble de répondre.

Marie France Blanquet