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Le Libre, enjeu de société à l’Assemblée nationale

dimanche 20 janvier 2013, par Jean Peyratout

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, sur développement et la protection du logiciel libre, enjeu de société (partage du savoir, préservation des libertés fondamentales à l’ère du numérique, lutte contre la fracture numérique, indépendance technologique…) et demande si la ministre va s’engager à promouvoir et défendre les libertés qui y sont associées.

La réponse ministérielle :

Le modèle du logiciel libre repose sur le droit pour un auteur de divulguer son logiciel avec son code source et d’accorder à tous le droit de les utiliser, de les copier, de les adapter et de les redistribuer, en version originale ou modifiée. Ce modèle revêt un intérêt qui n’est plus à démontrer aujourd’hui.

En premier lieu, les licences libres, clé de voûte de ce modèle, permettent une libre circulation du logiciel et le partage du savoir. Elles garantissent le droit d’utiliser, de modifier et de redistribuer le code source d’un logiciel. Chacun peut ainsi s’approprier la connaissance accumulée, l’enrichir de son propre savoir et en faire profiter la communauté. En outre, la gratuité très répandue des logiciels sous licences libres contribue à leur diffusion au plus grand nombre. Ainsi, avec le modèle du logiciel libre, nul ne peut être exclu de l’accès au savoir et de l’accès à la consommation.

En second lieu, le logiciel libre constitue une opportunité qu’il importe de saisir pour la modernisation, l’efficacité et la transparence de l’État :

  • les logiciels libres peuvent jouer un rôle moteur pour assurer un plus large accès aux données publiques ; en particulier, ils mettent le plus souvent en œuvre des standards ouverts qui garantissent l’accessibilité aux données et leur réutilisation ;
  • les logiciels libres sont des facilitateurs du développement de l’administration électronique ; c’est ainsi notamment que la connaissance de leur code source et la possibilité qui est offerte de les modifier vont dans le sens d’une interopérabilité entre systèmes, un enjeu majeur de l’administration électronique ;
  • les logiciels libres présentent également des avantages certains pour la maîtrise des dépenses informatiques de l’État.

Enfin, le modèle du logiciel libre est au cœur d’enjeux stratégiques pour l’industrie numérique et, plus largement, pour l’ensemble des branches industrielles. En particulier, ce modèle a montré sa capacité à remettre en cause certaines positions dominantes d’éditeurs propriétaires, souvent à l’origine de situations de dépendance technologique.

Ainsi, sur certains marchés, le modèle du logiciel libre peut permettre à l’industrie européenne de regagner des positions de premier plan, notamment dans le domaine des logiciels d’infrastructure, des logiciels embarqués, des outils de gestion de contenus ou encore des environnements de développement. C’est pourquoi il est essentiel que le cadre législatif européen reste favorable à une croissance forte du logiciel libre. Le soutien à la recherche et au développement (R&D) est également un élément clé du développement du secteur du logiciel libre.

Le ministre veillera à ce que cette dimension soit prise en compte dans les différents programmes de soutien à la R&D industrielle ciblés sur le logiciel. Cela vaut notamment pour les projets de R&D des pôles de compétitivité et pour le programme ITEA2, qui vise, dans le cadre de l’initiative Eurêka, à renforcer la coopération entre les acteurs européens sur les enjeux les plus stratégiques du logiciel.


Voir en ligne : Question écrite à propos du logciiel libre