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L’association des petites villes de France signe avec Microsoft un accord de partenariat

mercredi 5 décembre 2007, par Jean Peyratout, José Brito

L’Association des Petites Villes de France (APVF) et Microsoft France signent un accord de partenariat.

Sur le site de Microsoft et celui de l’Association des Petites Villes de France (APVF) [1] :

L’Association des Petites Villes de France (APVF) et Microsoft France signent un accord de partenariat visant à développer l’utilisation des nouvelles technologies pour l’administration des petites villes et le service aux citoyens. Le protocole a été officiellement signé ce mardi 27 novembre, par MM. Éric Boustouller, président de Microsoft France, vice-président de Microsoft International et Martin Malvy, président de l’APVF, ancien ministre et président du Conseil régional Midi-Pyrénées.

Microsoft cherche à imposer ses produits et ses formats dans les collectivités territoriales alors qu’un grand nombre d’entre elles se tourne de plus en plus vers les solutions libres et les formats ouverts pour d’évidentes raisons d’indépendance, de pérennité, d’interopérabilité, de libre accès des citoyens.

Appuyée par l’agence Euro RSCG C&O, spécialiste en "communication d’influence", Microsoft a ainsi signé le 1er février 2007 un accord avec Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, président du Grand Lyon, président de l’ACUF (Association des Communautés Urbaines de France) [2] dans le cadre de sa politique européenne de rapprochement avec les grandes métropoles. Bill Gates, Président Fondateur de Microsoft qui s’était déplacé à Paris pour le Salon des Entrepreneurs, a déclaré : "Contribuer au développement de l’économie de la connaissance, promouvoir la croissance et encourager l’innovation sont des objectifs clés pour Microsoft. Nous sommes heureux de partager ces priorités avec la ville de Lyon".

À l’autre extrémité du spectre, mais toujours sous la houlette de Euro RSCG C&O, ce sont donc maintenant les petites villes françaises [3] qui sont visées par ce nouvel accord. Là encore, Microsoft est pétri de bonnes intentions puisque "l’objectif est une contribution renforcée pour la lutte contre l’exclusion numérique, l’éducation aux nouveaux média, l’administration électronique, ou la coopération européenne."

Bien joué ! Dans un contexte où les petites villes ne disposent que très rarement d’un service informatique à même de donner les éléments de choix entre les produits, les services et les acteurs du marché, cet accord de partenariat ne manquera pas d’apparaître comme une recommandation qui, venant de l’APVF, peut être considérée comme une préférence à accorder à cet opérateur.

Le communiqué indique, dès sa première phrase, que cet accord "vise à développer l’utilisation des nouvelles technologies pour l’administration des petites villes et le service aux citoyens". Si les plates-formes, logiciels et formats Microsoft ne sont bien sûr pas explicitement cités, difficile d’imaginer dans le cadre de cet accord que ces services aux citoyens puissent être développés sur une plate-forme concurrente ou avec des logiciels libres...

Plus d’ambiguïté par contre lorsque "le troisième axe de cet accord concerne Windows Live, la suite de communication gratuite de Microsoft. Cette suite qui comprend une adresse de courriel, un espace de stockage, un site internet, un client de messagerie instantanée".

Cet accord de partenariat, du moins tel qu’il est présenté dans ce communiqué puisque le détail n’en est pas à notre connaissance publié, privilégie un seul opérateur. À aucun moment il n’est fait référence aux autres possibilités offertes par le marché, et tout particulièrement aux logiciels libres et aux formats ouverts.

Pourtant la lutte contre l’exclusion numérique passe d’abord par l’accessibilité des outils et leur mise à disposition auprès du plus grand nombre, avec un accompagnement professionnel ou solidaire. Les logiciels libres sont mieux à même de permettre la mise en place de politiques de lutte contre l’inégalité numérique parce qu’ils peuvent être librement distribués aux citoyens, installés, copiés, partagés.

Est-ce le rôle d’une association de représentation de formuler des recommandations pour tel ou tel opérateur, voire d’apparaître comme l’agent commercial d’une société ? Que penser à la lecture de la conclusion ? : "En souhaitant proposer ces offres [Windows Live, des sessions de formation et d’information avec Microsoft] à ses mairies adhérentes, l’APVF exprime sa volonté de faire des petites villes de France les pionnières en matière de TIC et de services innovants pour les citoyens." Cette volonté ne pourrait-elle se concrétiser par d’autres moyens, avec d’autres partenaires, avec d’autres opérateurs ?

Mais peut-être l’APVF envisage-t-elle d’autres accords de partenariat, portant sur l’information, la formation, la mise à disposition d’outils et de services... avec d’autres opérateurs nationaux et locaux du logiciel libre, avec les associations représentatives de ce secteur et qui interviennent déjà dans les domaines de l’éducation, de l’administration électronique, de la démocratie participative ?

Tel est le sens d’un courrier adressé au président de l’APVF par José Brito, maire-adjoint de Saint-Germain-sur-Morin et administrateur de Scideralle, qui conclut : "De tels partenariats permettraient à nos collègues élus dans les petites villes de disposer d’éléments de réflexion et de comparaison sur les différentes voies qu’ils pourraient explorer, à la fois en termes techniques et sociétaux. Car l’informatique, ce ne sont pas seulement des technologies mais aussi, selon les produits que l’on promeut et que l’on met en place, selon la manière dont on le fait, des choix de société."


Articles de Luc Derriano sur Localtis.info
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[3L’APVF regroupe les villes de 3000 à 20000 habitants ainsi que les communautés de communes fédérées autour d’elles pour promouvoir leur rôle spécifique dans l’aménagement du territoire.